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Vie d'auteure #2

Si vous n'avez pas lu l'article : Vie d'auteure #1, il risque de vous manquer des bouts ! :P

Aslinn

Des raisons personnelles m'ont menées à l'échec de ma troisième année de licence (tout du moins la première que j'ai faite). Je me suis sentie entièrement dépassée dans ma vie privée, mais lorsque j'ai compris que j'allais redoubler, je me suis dit qu'il fallait tout de même que j'essaie d'en tirer profit. J'ai donc fait en sorte de valider la moitié de mes UE (unité d'enseignement) sur chaque semestre, afin d'en avoir largement moins à faire par la suite. Pour ma seconde troisième année, j'ai décidé de suivre les cours du SED (service d'enseignement à distance) et j'ai déménagé à Montpellier. J'avais besoin de changer d'air, de renouveau.

 

Ça m'a plutôt réussi ! Nouvel environnement, nouvelles rencontres, on respire. J'avais du temps à côté de mes quelques cours restants, mes notes du semestre précédent étaient plutôt bonnes, pas trop de pression. Là seule chose dont j'avais encore vraiment besoin, c'était de réussir à achever un projet. Il fallait que je me prouve qu'après tout ce temps (depuis le collège tout de même), j'en étais encore capable. Malheureusement, je savais que je n'avais pas assez de temps pour me consacrer à une idée entièrement neuve (je n'aurais même pas su laquelle choisir parmi toutes mes notes), il fallait aussi que je pense à mes dossiers de master à envoyer en fin d'année.

 

Comme je l'ai expliqué dans l'introduction écrite pour Aslinn, je suis tombée sur l'appel à texte de cette nouvelle maison d'édition : Magic Mirror, qui publie des romans en lien avec des contes de fées (pour faire simple). Le thème proposé à cette époque là était : revisiter La petite sirène, de, H. C. Andersen (avec quelques autres petites consignes que j'ai oubliées depuis). C'était parfait ! Un vrai projet, mais avec un support, une direction, une deadline fixe... Je me suis lancée, et en une année, j'ai écris Aslinn. Ça a été un peu anarchique, c'était la première fois que je me lançais dans cette sorte de projet, mais en soit, j'en garde de très bons souvenirs. J'ai compris de nombreuses choses à propos de ma façon de travailler, et j'ai écris un roman (il faut cliquer si vous avez envie d'aller y jeter un œil) !

La dernière ligne droite

Ces deux dernières années (de 2017 à 2019), j'étais en Master Métiers du livre et de l'édition, à Grenoble. Soyons parfaitement honnêtes... j'ai été refusée dans les Masters d'écriture auxquels j'avais postulé. Ça a été une grosse déception au départ, mais je me suis résignée ensuite, ce n'était peut-être pas fait pour moi après tout. Je n'ai aucune idée de pourquoi j'ai été refusée, au début j'ai pensé que c'était mon projet qui n'allait pas, puis en étant plus lucide je me suis dit que c'était tout simplement à cause de mes notes (pas mauvaises, mais pas vraiment bonnes non plus). Quitte à ne pas savoir, je préfère imaginer que j'ai été refusée pour des chiffres dans une grille que pour mon projet de roman sur lequel j'avais longuement travaillé.

 

Quoi qu'il en soit, je me suis retrouvée à Grenoble dans des études d'édition, ce qui m'a tout de même paru judicieux compte tenu de mon projet professionnel : être écrivaine, coûte que coûte. Même si je me suis lancée dans deux années d'études supplémentaires, je n'ai jamais douté du fait qu'au final je voulais écrire, il fallait au moins que je tente ma chance. Partir dans le monde du salariat sans savoir, ce n'était pas envisageable. Et quoi de mieux que de découvrir le monde du livre avant de se mettre à écrire, au moins je saurais où je mets les pieds.

 

En parallèle de ces deux années de master et de stage, qui ont été laborieuses mais enrichissantes, je me suis enfin attelée à un vrai projet. Un projet original, une idée rien qu'à moi sur laquelle je me sentais prête à me lancer, pour de bon, pour aller jusqu'au point final. Comme depuis toujours, je suis une bille pour trouver des titres, alors je l'ai mécaniquement intitulée "Comme des sœurs", parce que... c'est une histoire qui parle de deux sœurs... heureusement que je suis écrivaine, hein ! Aujourd'hui encore, c'est son seul patronyme, même si j'essaie de trouver de meilleures idées, j'en rêve même parfois la nuit.

 

En parallèle de mes cours et de mes stages donc, je me suis occupée d'étoffer mon idée originale, qui faisait grosso modo une demi page dans un fichier OpenOffice à la base. C'est d'abord devenu un plan tout simple, puis il a level up en un long plan détaillé de 34 pages, contenant les descriptions plus ou moins minimalistes de 73 chapitres, lorsque j'en suis arrivée au bout au milieu de ma seconde année de Master. Un bon gros bébé. La rédaction de ce plan m'a beaucoup aidé à accepter l'idée de devoir encore patienter avant de pouvoir écrire. Pendant mon sprint final dans le monde des études, j'avais un point de mire, un objectif que je voyais se rapprocher et la sensation délicieuse d'enfin avancer sur quelque chose d'important.

 

À la fin de ma seconde année de Master, j'avais le plan détaillé dans sa version finale, retravaillé et recopié sur mon petit ordinateur (si vous voulez en savoir un peu plus sur l'aspect technique, suivez le lien). J'étais enfin prête à me lancer dans l'écriture !

Aujourd'hui

J'admire beaucoup les auteurs qui arrivent à gérer une véritable vie professionnelle en plus de leur vie d'écrivain, parce que… je n'en ai jamais été capable. Je ne peux me concentrer entièrement dans un roman que si je ne fais que ça comme tâche principale. J'aime dire que c'est la faute de la charge mentale.

 

Mes études m'ont toujours imposé de me concentrer sur une multitudes de petites choses qui m'ont fait arrêter mes projets à un moment ou un autre. Quand aux périodes où j'ai travaillé (les stages ou petits boulots), je rentrais en général si fatiguée que je n'envisageais pas une seconde de me mettre à écrire ensuite (je voulais dormir, dormir, dormir). Je veux bien admettre que je manque peut-être un peu de ténacité. Certains y arrive, moi pas. C'est pour ça que j'ai décidé d'écrire et rien d'autre une fois mon diplôme validé. 

 

Ainsi, depuis quelques mois, je me consacre entièrement à l'écriture (et tout ce qui gravite autour, bien sûr). À la fin du mois de Décembre 2019, après avoir apporté les modifications finales au plan de Comme des sœurs et bien relu l'entièreté du dit plan, je me suis lancée dans la rédaction. Depuis, j'écris mes 73 chapitres.

Comme des soeurs

  • Résumé : 

Axelle et Cassandra ne se sont que très peu parlé depuis le décès de leur mère, survenu deux ans plus tôt. Axelle est restée vive dans la maison familiale où elle exerce le métier d'illustratrice en freelance, entre les mojitos avec ses copines, les visites éclairs auprès de Paul et son sympathique voisinage. Cassandra est retournée à Lyon où elle a établie sa nouvelle vie et occupe un job dans le marketing. Elles sont amenées à vivre de nouveau ensemble lorsque Cassandra débarque à Copperet, le village de leur enfance, visiblement malheureuse et déboussolée après des événements dont elle ne souhaite pas parler. Dans cette étrange cohabitation forcée, les deux sœurs vont devoir réapprendre à se connaître et parfois se supporter, dans les bons comme les mauvais moments.

  • D'où vient cette idée :

*roulements de tambour* ... je ne m'en souviens plus du tout. Je sais juste que ça m'a trotté dans la tête et qu'un matin j'ai attrapé mon ordinateur, ouvert un nouveau fichier, et rédigé ce qu'on peut considérer comme les tous premiers mots de Comme des sœurs. C'était facilement il y a plusieurs années (trois ou quatre, je dirais). J'y suis revenue au début de mon Master, et je me suis dit : c'est cette histoire-là que je veux écrire !

  • Où j'en suis aujourd'hui :

Comme je l'explique régulièrement sur les réseaux sociaux et dans les newsletters que j'envoie chaque semaine, je suis en pleine rédaction de ce roman. J'écris grosso modo depuis le début de cette année. Au départ, je m'étais fixé un objectif d'un ou deux chapitres par jour de la semaine (hors week-end, faut pas déconner non plus). Totalement surréaliste. Ça n'a pas du tout marché. J'ai essayé vainement de m'y tenir pendant quelques semaines, je ne crois pas y avoir réussi une seule fois. Après ça, j'ai décidé d'arrêter les dégâts (et la pression monstre que je me mettais sur les épaules aussi) et de me donner des objectifs plus aléatoires mais plus raisonnables.

 

J'ai de plus en plus lâché prise au fil des semaines, sur mon nombre de chapitres à produire, sur les lieux où je pensais devoir écrire, le nombre de mots par chapitre, le temps de la journée où j'étais censée me mettre à mon roman... Mon moral ne s'en est trouvé que mieux, ma qualité d'écriture également, et ne parlons pas de ma productivité. J'en serais presque au point d'atteindre certains de mes objectifs maintenant que je ne les exige plus de moi. Comme quoi, c'est bizarre le cerveau humain (Aslinn serait d'accord avec moi !).

 

À l'heure où j'écris ces mots (nous sommes le 27 Avril 2020 et il est 15h23), le chapitre 43 est terminé, ce qui fait qu'il m'en reste encore (euh... 73 moins 43, je retiens 1...) 30 chapitres tout pile à écrire (bon pas tout à fait, il y a eu des petits ajouts) ! Ça fait donc quatre mois que j'écris, et selon toute probabilité, il m'en faudra encore trois. Dix chapitres par mois, voilà mon rythme. J'ai été très frustrée de ne pas pouvoir écrire plus vite, plus d'heures par jour et même parfois les week-ends. Mais c'est comme ça que je fonctionne, que je me sens bien dans ce que je fais, que j'ai aussi le temps pour mon blog et d'autres projets, toujours en lien avec l'écriture.

 

Morale de l'histoire : écrire, ça prend le temps que ça prend. (Merci cap'tain obvious !)

 

J'espère donc terminer mon premier jet dans le courant du mois de Juillet. Ce sera une grande étape, et je peux vous dire que je vais arroser les réseaux sociaux pour que tout le monde le sache ! Même Donald Trump ! Après ça, je ferais sans doute une légère pause (petites vacances d'été) avant de me lancer dans les corrections, la réécriture, puis la grande aventure de l'auto-édition.

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